La clé de la guérison: préhabilitation, opération et traitement postopératoire comme un tout
La préhabilitation et la réhabilitation sont des piliers essentiels du traitement du cancer de l’estomac et du cancer de l’œsophage. Les personnes qui sont bien préparées en amont sur les plans physique, psychique et nutritionnel ont de meilleures chances de faire face aux épreuves et de retrouver leur quotidien.
Pourquoi la préhabilitation et la réhabilitation sont-elles si capitales pour le succès du traitement?
Prof. Bolli: La préhabilitation désigne la préparation mentale, physique et nutritionnelle à un traitement à venir, souvent une opération dans mon domaine. La réhabilitation, elle, concerne la phase qui suit: la récupération, la guérison et le retour au quotidien. Ces deux phases vont de pair, car le succès du traitement ne dépend pas seulement de l’opération elle-même, mais aussi de la qualité de la préparation et de la rigueur avec laquelle la récupération est soutenue par la suite.
Les piliers centraux de ces deux étapes sont l’activité physique – condition, endurance et force musculaire –, l’alimentation et le soutien psychologique. Les patientes et patients sont accompagnés par une équipe réunissant oncologie, physiothérapie, conseil nutritionnel et d’autres spécialités. Tout cela doit s’inscrire dans le concept thérapeutique global.
Quel rôle joue l’alimentation avant l’opération?
Bolli: Une bonne alimentation avant l’opération est importante, car l’ensemble du traitement met le corps à rude épreuve. Lors de grandes opérations abdominales en particulier, un état nutritionnel stable aide à mieux supporter l’intervention, favorise la cicatrisation et permet de retrouver plus vite sa mobilité. Ce qui compte, ce n’est pas seulement le poids, mais aussi le maintien de la masse musculaire. Lorsque les patientes et patients arrivent à l’opération aussi bien nourris et physiquement stables que possible, ils se remettent souvent plus rapidement sur pied et présentent moins de complications, comme des pneumonies ou des troubles de la cicatrisation.
Qu’est-ce qui est réaliste en matière de mouvement et d’entraînement – y compris pendant un traitement?
Bolli: Je recommande de se fixer régulièrement de petites étapes plutôt que des objectifs trop ambitieux. Pendant un traitement, maintenir sa condition de base et éviter de régresser peut déjà être très précieux. En cas de déficits, on peut essayer de les réduire pas à pas. Les objectifs réalistes ont du sens: de courtes promenades, des tours répétés, des exercices simples au poids du corps ou avec des poids légers, et un développement progressif de la force et de l’endurance.
J’explique aux personnes concernées que ces mois supplémentaires peuvent être un investissement dans l’avenir.
Comment se préparer mentalement à l’opération et au traitement, et quel rôle jouent les proches?
Bolli: Sur le plan mental, il est utile que les patientes et patients comprennent et acceptent les différentes étapes du traitement. Les discussions sur les décisions thérapeutiques devraient, si possible, avoir lieu en présence des proches. Ces derniers peuvent aussi apporter leur soutien en écoutant, en motivant, en se joignant aux promenades, en aidant pour les courses et la cuisine, ou simplement en partageant les repas.
Parlons de réhabilitation: quels sont les plus grands défis en matière d’alimentation et de renforcement, et comment la réadaptation aide-t-elle?
Bolli: Après une opération, les plus grands défis sont souvent l’alimentation et la faiblesse physique. Beaucoup de patientes et patients manquent d’appétit pendant longtemps et doivent littéralement se forcer à manger. Par ailleurs, après de grosses opérations abdominales, il arrive que l’anatomie modifiée ne permette plus d’absorber suffisamment de nutriments. Des mesures complémentaires sont alors requises, par exemple une alimentation hypercalorique, des substances supplémentaires ou, temporairement, une nutrition artificielle. S’y ajoute l’épuisement physique: rien que se lever du lit peut demander un effort considérable. La mobilisation doit se faire pas à pas.
Parlons d’adhésion thérapeutique: pourquoi est-elle importante?
Bolli: Lorsqu’un traitement supplémentaire est recommandé après l’opération, il sert généralement à améliorer le pronostic à long terme. C’est à mes yeux une puissante source de motivation: le traitement peut avoir un effet positif sur la durée et la qualité de vie. C’est pourquoi j’explique aux personnes concernées que ces mois supplémentaires peuvent être un investissement dans l’avenir. Chez les personnes plus jeunes, ou chez les patientes et patients en pleine vie, avec une famille ou des enfants, le désir de disposer de plus de temps à passer ensemble peut donner une force considérable. Et pour celles et ceux qui souhaitent encore profiter de leur retraite, cette perspective peut aussi aider à se motiver une nouvelle fois et à tenir le traitement jusqu’au bout.
Focus sur le cancer de l'estomac
Pourquoi la préhabilitation et la réhabilitation sont-elles particulièrement importantes dans le cancer de l’estomac et le cancer de l’œsophage?
Bolli: Pour ces types de cancer, le traitement est souvent long et éprouvant. Beaucoup de patientes et patients reçoivent d’abord un traitement systémique, suivi d’une lourde opération, puis souvent d’un nouveau traitement systémique. Ce traitement de plusieurs mois puise énormément dans les réserves. Il est donc décisif de commencer aussi bien préparé que possible, de maintenir le poids et la masse musculaire et de stabiliser activement l’état nutritionnel. Dans le cancer de l’estomac et de l’œsophage justement, l’alimentation, la dénutrition et la perte de poids peuvent constituer des facteurs de risque majeurs. La préhabilitation et la réhabilitation aident à mieux faire face à ces difficultés.
Quelle importance l’alimentation revêt-elle durant cette phase, en particulier après l’ablation partielle ou totale de l’estomac ou de l’œsophage?
Bolli: L’alimentation a une très grande influence. Quelques règles simples sont primordiales: manger lentement, bien mâcher, prendre de petits repas et donc manger plusieurs fois par jour. Durant les premiers mois qui suivent l’opération, parvenir à maintenir à peu près son poids est déjà un beau résultat. Il ne faut pas viser d’emblée une reprise rapide de 10 kilos. L’essentiel, dans un premier temps, est que le corps reçoive suffisamment d’énergie et puisse s’adapter à la nouvelle situation.
Cet article a été réalisé par Leben mit Krebs sur mandat et aux frais d’AstraZeneca. L’interlocuteur est indépendant.
Date: 08.10.2026
L’objectif d’AstraZeneca est d’éliminer le cancer comme cause de décès. C’est pourquoi nous concentrons nos efforts sur la recherche et le développement de médicaments de nouvelle génération ayant le potentiel de redéfinir le traitement du cancer. Nous souhaitons donner à encore plus de patient·e·s atteint·e·s d’un cancer l’espoir d’un meilleur traitement grâce à de nouveaux principes actifs.